Le Haut-Commissariat des Nations-Unies des Droits de l’Homme (HCDH) a organisé ce jeudi 24 novembre 2022 à Tillabéri, un atelier de formation des autorités administratives et élus locaux de la région de Tillabéri sur les droits de l’homme, la pratique de la coopération transfrontalière et la prévention et la gestion des conflits. C’est le Gouverneur de la Région de Tillabéri, M. Yayé Arouna qui a présidé, la cérémonie d’ouverture de cet atelier dans la salle de réunion annexe du gouvernorat, en présence du Directeur général de l’Administration Territoriale et de la Déconcentration, le Secrétaire Permanent de la Commission Nationale des Frontières, le représentant de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, le représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et de plusieurs invités.

 

Organisé par le Haut-Commissariat des Nations-Unies des Droits de l’Homme (HCDH) cet atelier se veut, selon le Gouverneur de la région, un creuset d’échanges et un cadre de sensibilisation sur la nécessité d’entretenir les autorités sur les droits de l’homme, la pratique de la coopération transfrontalière et la prévention et la gestion des conflits, dans un contexte sécuritaire particulier mais aussi d’un partage efficace d’information et d’une meilleure stratégie d’actions communes et concertées afin d’apporter des solutions durables aux populations dans la zone des trois frontières ».

M. Yayé Arouna a rappelé que, « la Région du Liptako-Gourma située à cheval sur les frontières communes au Burkina Faso, au Mali et au Niger couvre une superficie de 370 mille Km2. Ces dernières années, cette région connait une recrudescence de l’insécurité du fait de l’activisme des groupes armés terroristes et d’extrémismes violents, de la persistance de la criminalité transfrontalière organisée et la résurgence des conflits locaux, avec comme résultante de graves abus et violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ».

« Ce caractère multidimensionnel de la crise au Sahel requiert une approche intégrée et coordonnée dans le but de trouver une synergie et une complémentarité entre tous les acteurs pour un impact durable des actions sur le terrain », a-t-il soutenu.

Le Gouverneur d’expliquer qu’« afin de soutenir l’Autorité pour le Développement Intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) à relever les défis auxquels ses pays sont confrontés, les Agences du Système des Nations Unies dont le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), ont développé depuis 2020, le programme dénommé ‘’Programme Régional Conjoint d’Appui à la mise en œuvre des Activités de Coopération Transfrontalière dans la région du Liptako-Gourma’’ ».

« Le programme conjoint mis en œuvre dans la région du Liptako-Gourma, vise les plus vulnérables. La prévention des conflits au niveau local, l’accès à l’eau et aux pâturages, les couloirs de transhumance, ainsi que la gestion des risques liés aux trafics illicites, aux mouvements d’armes, au recrutement de jeunes par des groupes extrémistes constituent des défis majeurs pour la région », a-t-il fait savoir.

« L’objectif global de ce programme est donc de renforcer la résilience des communautés et la sécurité humaine face aux chocs environnementaux et climatiques et les menaces au Sahel, particulièrement au niveau des frontières », a-t-il indiqué.

M. Yayé Arouna d’ajouter que, « l’une des priorités de ce programme concerne les activités mises en œuvre par le HCDH qui sont consacrées à « la prévention et la résolution des conflits, l’extrémisme violent et le crime ; la promotion de l’accès à la justice, des droits humains et l’état de droit ».

« Ce volet du projet, a-t-il affirmé, apportera un appui à l’ALG, aux autorités locales y compris le Cadre de Concertation des Gouverneurs de la région, aux FDS, aux OSC, pour établir un mécanisme de veille pour observer la situation sécuritaire dans les zones transfrontalières et améliorer la collecte de données, l’analyse continue et le partage des informations sur les points vulnérables et les risques afin de réduire les instabilités aux frontières ».

« Le HCDH entend ainsi contribuer au renforcement des capacités, à l’élaboration d’un mécanisme de coordination des efforts nationaux et régionaux visant à améliorer la stabilité de la sous-région, à la lutte contre la violence extrémiste », a-t-il assuré ajoutant que, les interventions du HCDH intégreront également et continueront les approches genres dans les résultats-clés afin d’assurer un développement social et économique durable ».

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« Notre mission est de renforcer la résilience des communautés et la sécurité humaine face aux menaces dans la région du Liptako Gourma, face à l’effet de débordement des crises sécuritaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger qui continue d’affecter la paix et la sécurité au Sahel », a notifié le Gouverneur.

il a enfin remercié le ministère de l’Intérieur, à travers la Direction Générale de l’Administration Territoriale et de la Déconcentration et la Commission Nationale des Frontières, ainsi que la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, qui ont bien voulu accompagner le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme dans cette initiative à travers le ‘’Programme Régional Conjoint d’Appui à la mise en œuvre des Activités de Coopération Transfrontalière dans la région du Liptako-Gourma’’.

Durant trois (3) jours, les participants à cet atelier échangeront sur les questions des droits de l’homme, le droit international humanitaire, la coopération sécuritaire et la libre circulation des personnes et des biens, entre autres.

Cette cérémonie a été sanctionnée par une photo de famille.

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La Rédaction